29 août 2006
Année Zéro
Allemagne Année Zéro, film réalisé par Roberto Rossellini en 1947, à la fois documentaire et fiction, décrit la vie d'une famille pauvre au lendemain de la guerre. L'action se situe à Berlin, complètement dévastée, où ne subsistent que les vestiges des immeubles, les cartes d'alimentation, la pénurie et le désastre social.
Edmund, garçon de 12 ans traîne dans ce désert ses journées durant pour trouver de quoi nourrir sa famille composée d'un père mourant, d'un frère nazi sans travail et d'une soeur. Ce n'est que grâce à elle et ses cigarettes ramassées de part et d'autres, et lui que la famille évite la famine. Il rencontre alors un ancien professeur qui lui rappelle le principe d'Hitler d'élimination des faibles et des inutiles pour la survie de la communauté...Le pire est à venir...
Ce drame aux allures documentaires n 'en est pas moins un chef d'oeuvre. Chef d'oeuvre, d'abord par la mise en scène et la réalisation, concentré de néo-réalisme, les vastes plans de ville dévastée contrastant avec les gros plans sur les personnages: désespoir du père et inquiétude de la soeur, errance d' Edmund. On entre dans chaque visage et celui-ci nous frappe par son intensité...Contraste également de la lumière, silhouette filiforme du jeune garçon sur une immensité blanchâtre, bâtiments noirs dans lesquels aucune lumière n'apparaît.
Chef d'oeuvre ensuite par le sujet, véritable témoignage de la destruction
d'une ville et de tout ce que celà implique...Le faux espoir d'une vie à nouveau normale, la solitude de chacun face à la mort, la honte des perdants. Edmund y est confronté et ne sait que faire, il ne joue pas, ne travaille pas, ne dort pas chez lui, ne vit pas, en somme... C'est cette sensation d'abandon qui caractérise le film, une sensation de vide que rien ne semblera un jour combler.
24 juillet 2006
Exceptionnel
Voici Tsotsi, une veste en cuir, un regard désabusé, un chef de bande comme un autre dans un township d' Afrique du Sud, 19 ans et déjà l'expérience de la vie. Pourtant, un petit quelque chose va changer sa vie... en volant une voiture près d'une riche maison, il tire sur une femme et emporte sans le savoir un bébé. Bébé qu'il décide de garder sans que personne ne s'en aperçoive, en lui mettant des couches de papier journal et en le nourrissant de lait de banane. Et là , tout change pour lui, le mendiant infirme qu'il détestait, les hommes qu'il tuait pour leur argent, l'ami qu'il a tabassé, il veut les aider et refuse la violence implicite de la vie qu'il est obligé de mener pour survivre.
Voici l'histoire de Mon nom est Tsotsi qui a reçu l'oscar du meilleur film étranger et qui le mérite bien... Une mise en scène époustouflante, originale, des couleurs rougeoyantes, des émotions saisissantes, des personnages attachants, bref, un film exceptionnel. On reste pantois devant la vie de ces jeunes, violente et misérable, mais aussi et surtout devant leur force de caractère face à ce monde qui les rejette.
Un film humain donc, qui peint une réalité que l'on fait tout pour oublier, où les meurtres et les kidnapping sont monnaie courante. Pourtant, l'amour pour un enfant, l'amour d'une famille peut modifier cet engrenage forcené et faire naître chez des personnages déjà usés, une nouvelle vie. Ce film est d'autant plus exceptionnel par ce message fort et optimiste qu'il fait passer parmi la ribambelle de films dépréciatifs de la vie humaine : il reste toujours un espoir.
11 juillet 2006
Tabernacle !!
Voici la famille Beaulieue qui vit au Québec dans les 70's, composée de 5 garçons (chaque lettre correspond à l'initiale du prénom des enfants)...Les parents ont donc formés une progéniture Crazy !!Zacharie est le 4ème de la liste et naît un 25 décembre 1960, jour béni puisque par celà, il devient protégé de Jésus. C'est ce que croit sa mère, persuadée que son rejeton a un don de guérison alors que celui-ci préfère déjà à 7 ans s' habiller en fille et faire avancer fièrement la poussette de son petit frère. Son père, évidemment rejette dès le début cette déviance de tapette et le prive de sa considération. Zacharie met alors tout en oeuvre pour plaire à son père et repousser ses envies homosexuelles qu'il considère comme une maladie. Cependant, il les accepte enfin au bout du film et son père également, malgré quelques réticences... En dehors de tout celà, le film est excellent pour de nombreuses raisons... une famille québécoise a forcément un accent à couper au couteau, une fratrie de 5 garçons produit de nombreuses péripéties et la personnalité de chacun s'entrechoque au bon vouloir des rendez-vous familiaux. La BO ( David Bowie, Rolling Stones, PInk Floyd...) enveloppe tout celà et rend Zacharie encore plus étranger à ses frères et à la réalité. Beaucoup d'humour donc, de la très bonne musique, une découverte du monde québécois des 70's et de la personnalité de Zacharie. Tout celà rend le film attachant et à voir absolument ! Une déclaration d'amour à la vie de famille, ses bonheurs et ses difficultés, chose assez rare de nos jours, dans un cinéma morose et terne ...
01 juillet 2006
Coup de coeur
C'est le cas de le dire, Paris je t'aime, un vrai coup de coeur amoureux de Paris ...Une vingtaine de court-métrages les uns à la suite des autres s'enchaînent, et s'enchaînent les émotions, les rires, les sourires et les pleurs . Paris sous divers angles: social avec la difficulté de vivre en banlieue, humoristique avec les tribulations des touristes ayant du mal à s'adapter à cette french touch et surtout amoureux. Les court-métrages ont en effet en commun d'être centrés sur une histoire d'amour, heureuse ou déçue mais surtout originale... confrontation des cultures entre une vampire et un vivant avec Elijah Wood, entre un non-voyant et une voyante avec Nathalie Portman ou plus commun entre un catholique et une musulmane. L'accent est mis sur la rencontre, moment magique entre tous et qui permet aux réalisateurs, par la même occasion de magnifier certains quartiers de Paris. Des endroits insolites, des bars, le cimetière du Père Lachaise, le Marais et Montmartre évidemment , tout celà de préférence la nuit, pour plus de mystère. Pas de carte postale gnan-gnan donc dans ces courts métrages qui restent cependant inégaux au niveau de l'originalité, de l'humour ou du parti pris du réalisateur. On reste sur sa faim quand à la participation de Gérard Depardieu ou Fanny Ardant, leur prestation restant somme toute classique par rapport au jeu plein de vitalité et de bonheur d'acteurs moins "lourds" tels Bruno Podalydès ou Emily Mortimer. Il n'en reste pas moins un film malicieux, ouvrant d'autres portes sur Paris, moins connues et donc plus surprenantes et ambitieuses. Un vrai coup de coeur ...
Pour vous en convaincre: http://www.parisjetaime-lefilm.com/




